Les sociologues -que passionne un phénomène si populaire- ont montré par exemple que l'astrologie ne pouvait se prévaloir que d'une ascendance... purement psychologique sur ses adeptes. Tout adepte de l'astrologie a généralement tendance à ne retenir que les prévisions qui se réalisent.., et inversement à négliger les « coups manqués». En somme, de nombreuses prédictions astrologiques se résument à des désirs pris pour des réalités.
Un sociologue défenseur de cette théorie décida donc de tester les effets que les rubriques d'horoscopes «signe par signe», si largement diffusées dans les médias, peuvent avoir sur le comportement des individus. Ses résultats démontrèrent que les participants qui croient dans la divination sont plus susceptibles de penser que leur comportement serait influencé par ce que leur prédirait un astrologue». Des études similaires en Angleterre, aux États-Unis et en Australie aboutirent aux mêmes conclusions.., ce qui suscita une grande inquiétude chez les astrologues.
Quant à la thèse mécaniste selon laquelle le mouvement des planètes influencerait «réellement» ou physiquement notre organisme, elle a été durement critiquée par deux astronomes réputés, Roger Culver et Phillip Ianna. Lesquels ont démontré que, si le soleil et la lune nous affectent magnétiquement, la force gravitationnelle et les champs électromagnétiques des planètes de notre système solaire sont si faibles, qu'ils ne pourraient avoir qu'une influence négligeable sur notre comportement. Pour illustrer leur thèse, ils ont calculé que la force gravitationnelle de Mars est environ 500 fois moins puissante sur un enfant à sa naissance, que celle de l'hôpital. Ce chiffre réduit à néant les thèses mécanistes défendues par quelques astrologues pour justifier l'importance du rôle donné au thème «généthliaque» ou «ascendant» (du grec genethlê, «naissance») dans l'établissement des horoscopes personnalisés.
En outre, toutes les fois où l'astrologie a été soumise à un examen scientifique, elle a généralement échoué à tenir ses engagements. Par exemple, en 1974, des chercheurs firent une étude sur les prédictions «après coup qui fut sans doute la plus exhaustive jamais entreprise. Analysant les thèmes astraux de plus de 2000 suicidés, calculés en fonction de leurs lieu et date de la naissance, les chercheurs ne trouvèrent pas la moindre configuration planétaire qui aurait pu leur permettre de prédire une telle issue.
Comme on pouvait s'y attendre, les astrologues estiment que des études de ce genre ne prouvent pas grand chose. C'est ce que Felix Lyle, astrologue professionnel qui comptait Diana, Princesse de Galles, au nombre de ses clients, explique: «Les sceptiques sont invariablement sélectifs dans leurs recherches et n'examinent pas l'astrologie dans ses propres termes. L'astrologie n'est pas un jeu de devinettes et tout astrologue digne de ce nom vous dira qu'un thème ne permet pas de prédire la durée de vie impartie à un individu, sans parler de la cause précise de son décès. » Et Lyle de préciser encore: Les astrologues savent où chercher dans un thème pour trouver des traces de violence, mais ils doivent les confronter à d'autres aspects du thème, ainsi qu'à l'éducation du sujet et à son milieu. Mais au bout du compte, ce qui pousse un être au suicide reste un mystère que personne n'a encore percé... pas plus les sociologues que nous. » |